Comment gérer la déception à l'annonce du sexe du bébé

Vous attendez un bébé. Quelle bonne nouvelle ! ­Chaque jour, vous parlez au futur membre de votre famille avec entrain, ayant très hâte de lui voir la binette. Vous l’appelez par son prénom, élément si porteur de sens. La fameuse échographie de ­mi-parcours arrive enfin, avec votre vessie bien remplie… (Courage !) ­Au moment où la sonde passe devant l’entrejambe de votre bébé, vous vous rendez compte que le sexe de l’enfant que vous espériez tant n’est pas celui, si visible, à l’écran. Vous aviez tellement envie d’avoir une fille (ou un garçon), mais le sexe du bébé n’est pas celui auquel vous vous attendiez… Comment faire alors pour surmonter cette déception ? ­Tellement de personnes ne pourraient pas comprendre votre ressenti, votre enfant semblant en parfaite santé…

Il est tout à fait légitime de ressentir une tempête d’émotions, même si bébé gigotait comme un ver à chou à l’écran, démontrant à quel point il est vigoureux et a hâte de vous rencontrer.

Acceptez vos émotions
La première chose à faire est de reconnaître votre déception et d’être honnête avec ­vous-même. Vous raconter des histoires ne vous aidera pas. N’ayez pas honte de laisser transparaître votre tristesse. Vous avez le droit de pleurer. Si vous n’extériorisez pas vos émotions, il sera plus difficile de gérer vos pensées négatives. Alors, ­reconnaissez-les, ­dictez-les à haute voix pour ­vous-même et pour votre partenaire. ­Peut-être que lui aussi vit des émotions contradictoires entre la joie incommensurable d’être père, mais pas de la petite ­Léa ou du petit ­William, comme son plan de vie le prévoyait secrètement. Si vous n’êtes pas en mesure de discuter avec lui, consultez un thérapeute ou ­confiez-vous plutôt à un ami ouvert d’esprit. Vous pouvez également utiliser la plume pour vous vider le cœur et faire un ménage mental. Le fait d’écrire ce que l’on ressent nous permet d’éclaircir nos pensées.

Démêlez vos émotions
Demandez-vous pourquoi vous ressentez cette déception. ­Est-ce parce que vous avez grandi avec des garçons et que ce fut difficile ? ­Avez-vous rêvé d’aller faire du shopping avec votre petite fille ? ­Gardez à l’esprit que la fille que vous aurez sera ­peut-être une sportive, qui aimera jouer au foot, ou ­peut-être ­donnerez-vous naissance à un garçon créatif, qui aimera l’art et ne s’intéressera pas au sport. Votre enfant pourrait ne pas grandir avec la personnalité et les intérêts qui correspondent aux stéréotypes reliés à son sexe.

­Peut-être que votre déception découle des doutes que vous avez sur votre capacité à être un bon parent ? ­Si vous êtes vraiment inquiète, faites des plans avec des amis ou des parents qui ont des enfants de ce sexe, afin que vous puissiez vivre cette expérience au préalable. Par exemple, si vous avez un garçon, faites un effort pour passer une ­après-midi avec le fils d’une amie. Invitez votre nièce à venir pour le ­week-end chez vous. Et posez des questions à vos amis sur la manière dont ils élèvent leurs fils ou filles. Malgré tout, ­rappelez-vous qu’il sera impossible d’être un parent parfait, mais vous serez parfaite pour votre enfant !

Ayez confiance en votre capacité à aimer votre bébé
Enfin, soyez consciente que la déception, les sentiments de culpabilité que vous ressentez maintenant ne dureront pas éternellement. Pendant la grossesse, tout ce que vous savez sur votre bébé est son sexe. Une fois que votre petit arrivera, vous pourrez apprécier sa personnalité et ses traits subtils. Cette déception dure généralement jusqu’à la naissance de votre enfant. En effet, l’ocytocine ou « hormone de l’amour » que votre cerveau libère pendant le travail de l’accouchement vous aidera à aimer votre bébé de tout votre cœur.

De plus, si vous avez choisi d’allaiter, l’ocytocine et la prolactine formeront le cocktail hormonal de la lactation en plus du duo propice à l’attachement et à l’amour.

Petite parenthèse : lorsque vous avez rencontré votre partenaire, vous avez tout de suite remarqué ses qualités, son apparence physique. Or, les défauts ne vous sont apparus que beaucoup plus tard… ­Sans blague, vous avez fort probablement trouvé d’autres forces et qualités à votre conjoint aussi, la preuve que, plus on connaît une personne, plus on en apprécie la globalité. Vous pourrez donc découvrir pas à pas le tempérament de votre bébé.

Les sept balises du tempérament, selon les psychologues : 

» Le degré d’activité
» La régularité (habitudes alimentaires, sommeil)
» La capacité d’adaptation aux changements
» L’ouverture aux nouvelles expériences
» La sensibilité
» La distraction (fixer son attention)
» L’humeur habituelle

En tant que parent, plus vous porterez votre attention sur ces facettes bien chouettes de la personnalité de votre trésor, plus vous vous réjouirez de l’avoir à vos côtés !

Surprise !
Mon cousin et sa femme ont attendu de longues années avant la venue de la cigogne. Ce n’est qu’après des traitements en clinique de fertilité que la magie a opéré et qu’ils ont eu un bébé bien dodu, bien en santé. Or, malgré la dizaine d’échographies subies tout au long du suivi de grossesse, maman et papa ont vécu un ÉNORME choc. Chaque fois, ils voyaient à l’écran leur petite fille. Maman étant native d’un autre pays, la famille éloignée lui avait envoyé une cargaison de robes, barboteuses et peluches… roses, évidemment. Mais, tadam ! ­Ce n’était pas coccinelle à la naissance, mais chérinet ! ­Même si des parents peuvent se préparer, être heureux de connaître le sexe de bébé avant même de le prendre concrètement dans leurs bras, il peut y avoir des surprises… ­Mes cousins ont dû repeindre la chambre, se procurer de nouveaux vêtements, en plus de trouver un prénom, chose qui a pris tout près de deux semaines, tant le choc était puissant…

Le bébé rêvé et le bébé réel
Durant la grossesse, les futurs parents discutent longuement de ce à quoi leur bébé ressemblera. ­Aura-t-il les yeux de son père ? ­Les cheveux de sa mère ? ­Sera-t-il calme comme un nuage ? ­Toutefois, quand bébé pointe le bout de son nez, il est fort probable qu’il ne soit pas tout à fait comme ses parents l’espéraient, et ce, peu importe son sexe. Certains parents devront même vivre un genre de deuil du bébé rêvé. L’important, c’est d’être en mesure d’exprimer ses sentiments qui découlent de cette situation.

Même si le bébé réel n’est pas tel que le bébé rêvé, n’­est-il pas le fruit de l’amour du père et de la mère ? ­Vous apprendrez à découvrir toutes les facettes de votre bébé et vous l’aimerez davantage...

CÉLINE BAES ET NANCY RICHARD
Codirectrices de l’École internationale d’accompagnement Cybèle

www.maisoncybele.com •  Facebook : MaisonCybèle

Par Céline Baes et Nancy Richard

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