Lettre au nouveau papa séparé

Présentement, tu es probablement assis chez toi, seul ou avec des petites tornades qui te tournent autour. Le choc de la séparation n’est ­peut-être pas encore totalement passé, mais une chose est certaine, tu es probablement envahi par un sentiment que je pourrais décrire par cette simple phrase : « ­Mais qu’­est-ce que je fais avec les enfants, là ? »

On va se le dire, bien qu’on ait souvent pu penser le contraire, c’est drôlement pratique avec une maman dans la maison. Ce n’est pas pour rien que des enfants, ça se fait à deux : nous avons chacun nos forces et, malheureusement, nos faiblesses. À deux, ça donne, dans la plupart des cas, un équilibre quasi parfait pour les enfants. Bon, ­peut-être pas parfait, mais disons, stable.

Bien qu’on soit persuadé d’être un papa super, on se rend compte, lorsqu’on se retrouve seul, qu’il nous en manque pas mal ! ­Je me rappelle ma première soirée avec mes enfants dans mon nouveau ­chez-moi. Comment je pourrais bien dire ça ? C’était chaotique ! ­Un beau chaos, mais j’en ai échappé solide !

Dans ma vie familiale, je n’étais pas celui qui faisait le plus de lunchs, ou s’occupait des devoirs ou de trier le linge des enfants, selon les saisons. Tu sais de quoi je parle ! ­Toutes ces tâches plates auxquelles on préfère ne pas penser !

Eh, qu’on en patine une shot au début ! ­Les premiers temps, je n’étais vraiment pas fier de ce que j’offrais à mes filles. Et, surtout, je voyais très bien qu’elles non plus ! C’est ce qui fait le plus mal : voir que, bien qu’on soit un papa génial, il nous manque des outils pour bien s’occuper de nos enfants comme ils le méritent !

On va se le dire, les gars, on n’est pas les meilleurs pour planifier. Bon, je ne veux pas généraliser, mais on s’entend qu’on est plusieurs à fonctionner au jour le jour, plutôt que de prévoir ce qu’on va manger la semaine prochaine ! ­Ou encore, si nos enfants ont besoin d’un vêtement, on ne pense pas automatiquement au prochain dont ils auront besoin. Sans parler des ­rendez-vous médicaux : ça, c’est un vrai cauchemar !

Même si mes filles étaient bien lorsqu’elles se trouvaient chez moi, je voyais qu’il leur manquait cette touche féminine dans leur environnement. Et je ne parle pas d’une présence, mais bien de la touche ! ­Je ne sais pas comment c’est pour ceux qui ont des garçons, mais j’imagine que c’est aussi le cas.

C’est à ce ­moment-là qu’on commence à se questionner et à déprimer. « ­Comment se ­fait-il que j’aie toujours été un super bon papa et que, là, je me sente complètement le contraire ? » ­Ce n’est pas facile : on doit se retrouver en tant qu’homme tout en apprenant un nouveau côté du rôle de parent qu’on avait l’habitude de partager (voire de déléguer) !

Le but, ce n’est plus juste que nos enfants se couchent en vie, mais de leur offrir une qualité de vie qu’ils auraient avec leurs deux parents encore réunis.

Une chance qu’au début, j’avais ma mère qui me visitait et venait m’aider à m’organiser. Avec le temps, on apprend ! ­Petit truc, écoute bien les besoins de tes enfants et ne les prends pas à la légère. ­Demande-leur ce qu’ils aimeraient avoir de plus chez papa, ce qui leur manque, ce dont ils ont besoin. Ça ne paraît pas toujours, mais ce n’est pas fou, ces petites ­bêtes-là ! : )

Un jour, une nouvelle femme va ­peut-être entrer dans votre vie. Dans mon cas, je suis chanceux, j’ai une nouvelle conjointe qui, bien qu’elle n’ait pas d’enfant, a un fort côté maternel. Elle nous apporte cette petite touche qui me manquait afin d’offrir un équilibre dans la vie de mes filles. Et surtout, elle me l’apprend. Je ne reste pas là à regarder : je participe, je travaille sur moi. Elle est presque devenue un coach pour moi et elle se prête bien au jeu !

En gros, je veux juste te dire de ne pas te décourager. Ce n’est pas facile ! ­Il faut vraiment se remettre en question et s’ouvrir l’esprit pour s’améliorer. Quelques fois, on est capable de le faire par ­soi-même, d’autres fois, on doit se faire secouer pour comprendre et apprendre. ­Crois-moi, ma petite famille recomposée ne se gêne pas pour le faire !

Tu vois, en fin de semaine, je me suis excusé auprès de mes filles de ne pas avoir été le papa le plus génial pendant cette période. Leur réponse : « ­Papa, tu as été extraordinaire ! ­Merci pour tout ce que tu fais pour nous et que tu continues de faire ! »

Ne t’en fais pas, un jour, tu retrouveras l’équilibre dans tout ça ! ­Un dernier petit conseil, n’hésite pas à demander de l’aide à ta famille, tes ami(e)s ou encore dans les multiples groupes d’entraide qui existent. Lâche pas !

Yannick ­Gagné
Papa blogueur Nanny Secours
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Par Yannick ­Gagné

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