La gestion des restrictions alimentaires au sein de la famille

Bien manger quand c'est compliqué

Il peut y avoir plusieurs raisons pour lesquelles vous devez éliminer certains aliments de l’alimentation de votre enfant. Par exemple, les allergies, la maladie cœliaque, les intolérances alimentaires, les inconforts ­gastro-intestinaux, etc., mais peu importe le problème, cela risque de devenir stressant et surtout compliqué de jongler avec ces restrictions alimentaires. Voici huit conseils pour vous assurer d’une saine alimentation, simple et sécuritaire !

Évidemment, ce sont des conseils généraux qui ne s’appliquent ­peut-être pas à l’état de santé de votre enfant ou au type de restriction ; vérifiez toujours avec votre médecin ou votre professionnel de la santé.

De toute façon, il n’y a que des avantages à adopter ces conseils simples : ce sont des éléments importants de la saine alimentation dont toute la famille bénéficiera !

1. Consommez des aliments de base, peu transformés

Consommez une variété d’aliments frais et peu transformés, comme des fruits, des légumes, des légumineuses, de la viande, des œufs, du lait, des céréales entières, etc. Il y a moins de risques d’y trouver des additifs ou tout autre ingrédient ajouté. Le peu de transformations et de manipulations limite également les risques de contamination. Choisissez des aliments avec une liste d’ingrédients la plus courte possible.

2. Cuisinez maison

Cuisiner maison à partir d’aliments peu transformés vous permet non seulement de connaître exactement ce que vous ajoutez à votre recette, mais aussi de limiter l’ajout de sucre, de sel et de matières grasses. Cela vous permet également de faire participer votre enfant à la préparation des repas.

3. Lisez les étiquettes nutritionnelles

Il est essentiel de regarder attentivement l’emballage et l’étiquette nutritionnelle : ils renferment de nombreuses informations dont certaines sont réglementées. Il y a neuf allergènes prioritaires à déclaration obligatoire (voir article en page 44). Les sulfites et les sources de gluten sont aussi réglementés et doivent être indiqués sur l’emballage. Ainsi, si un de ces ingrédients est présent dans l’aliment, il doit obligatoirement être inscrit dans la liste d’ingrédients ou sous le titre « contient ». Et, dans le cas où l’aliment a été en contact avec ces allergènes ou est à risque d’avoir été contaminé, il peut être inscrit sur l’étiquette « peut contenir », mais cette mention n’est pas obligatoire. N’oubliez pas de relire fréquemment la liste des ingrédients, puisque la recette d’un produit pourrait être changée à tout moment.

­Saviez-vous que certains allergènes, en plus du lactose et du gluten, se retrouvent parfois dans d’autres produits d’usage courant, tels que les cosmétiques, les médicaments, les suppléments sur tablette et le matériel de bricolage ? ­Vérifiez sur l’emballage et avec la compagnie en cas de doute.

4. Organisation et planification

Faire face aux imprévus est probablement le plus grand défi, et l’organisation et la planification sont la clé. Dès que vous quittez la maison, ­assurez-vous d’emporter de bonnes collations en quantité suffisante et d’avoir une liste des restos qui proposent des repas sécuritaires. Pour vous aider, l’organisme ­Allergies ­Québec donne une liste des entreprises offrant des produits exempts d’allergènes. La planification des repas et des collations de la semaine limite aussi les imprévus. Vous pouvez préparer de plus grandes quantités de muffins, barres tendres, biscuits, boules d’énergie et en congeler, pour toujours en avoir sous la main.

5. Attention à la contamination croisée

Dans certains cas, l’ingestion de minimes quantités d’un aliment peut engendrer des effets sur la santé, c’est le cas de la maladie cœliaque et de certaines allergies. Il est donc primordial d’éviter la contamination croisée. Bien se laver les mains, nettoyer la surface de travail avec de l’eau savonneuse et un linge propre, utiliser des ustensiles spécifiques au cours de la préparation des recettes et s’équiper de nouveaux instruments poreux (ex. : plaque et cuillère en bois, passoire, tamis) sont quelques exemples de précautions supplémentaires qui peuvent être nécessaires.

6. Alerte aux carences alimentaires

Éliminer un ou des groupes d’aliments de notre alimentation peut entraîner des risques de carences nutritionnelles. Par exemple, si vous réduisez ou supprimez les produits laitiers, les apports nutritifs, notamment en calcium et en vitamine D, diminueront ; il faut donc s’assurer de compenser par la consommation d’autres aliments riches en ces nutriments.

7. Gestion du stress

Il est normal que vous et votre enfant ressentiez du stress en lien avec l’alimentation, mais personne ne devrait se sentir anxieux à l’idée de manger. Avisez vos proches de la problématique, ­parlez-en à votre entourage afin d’expliquer les impacts de l’ingestion de l’aliment allergène. Indiquez aussi les démarches en cas d’urgence. Impliquez graduellement votre enfant dans la gestion de ses allergies pour tenter de le mettre en confiance dans son milieu. N’hésitez pas à proposer des recettes ou des sites internet à vos hôtes ; ils seront heureux d’offrir un repas sécuritaire et seront moins inquiets à leur tour.

8. Évitez l’isolement

Sans vous en rendre compte, vous contribuez ­peut-être à l’isolement de votre enfant en veillant à sa sécurité. Évitez de préparer des recettes spéciales pour votre enfant, cuisinez plutôt des plats que toute la famille pourra consommer. À l’opposé, il faut éviter de tomber dans le piège de la restriction pour tous. La solution, c’est d’en parler et d’impliquer tous les membres de la famille. Lisez des témoignages et ­discutez-en avec d’autres familles qui vivent la même situation.

Vous vous sentez dépassé par tous ces changements alimentaires ? N’hésitez pas à consulter une nutritionniste qui saura vous aider et, surtout, veillez à ce que l’alimentation de votre enfant soit équilibrée et convienne à ses besoins.

Andrée-Ann Sirard Dt.P.

Nutritionniste-diététiste membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.
Diplômée au baccalauréat en nutrition de l’Université de Montréal, elle pratique auprès d’une clientèle variée qui présente diverses problématiques (maladies chroniques, problèmes -gastro-intestinaux, maladies cardiovasculaires, maladie cœliaque, allergies alimentaires, etc.).

Andrée-Ann Sirard

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